des
écoles
différentes
| BRITISH
WAY OF LIFE
Le "modèle"
anglo-saxon, libéral ... et blairo-socialiste...
Beuark.
AMERICAN WAY OF LIFE... |
Plus
de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir
d'une vie meilleure
Le Monde - 20.02.06 - LONDRES CORRESPONDANT
Pour beaucoup de peuples, notamment d'Europe centrale, le Royaume-Uni est un Eldorado où ils rêvent, sinon de s'installer, du moins de travailler et de vivre, en attendant un éventuel retour vers leur pays d'origine. Mais beaucoup de Britanniques font le rêve inverse, et sont de plus en plus nombreux à passer à l'acte. Selon les derniers chiffres de l'Office national des statistiques, 359 500 personnes ont émigré du Royaume-Uni en 2005, soit une augmentation de 50 % en dix ans. Parmi ces émigrants, 60 % sont des citoyens britanniques. Il s'agit du chiffre le plus élevé jamais enregistré. Les autorités s'inquiètent surtout du fait que le nombre d'émigrants pourvus d'une bonne qualification professionnelle a doublé en dix ans. Un rapport de la Banque mondiale, publié en 2005, indiquait qu'un diplômé sur six quitte la Grande-Bretagne. C'est la plus forte proportion parmi les pays occidentaux. La balance démographique du royaume reste toutefois nettement favorable puisque 582 000 étrangers y ont immigré, pendant la même période, avec l'intention d'y vivre au moins un an. Selon un sondage Yougov, 54 % des Britanniques aimeraient prendre racine hors de leur terre natale. Leur émigration s'effectuait traditionnellement vers cinq grandes destinations : l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis. Depuis une vingtaine d'années, la possibilité qui leur est offerte de travailler librement dans l'Union européenne en a incité un plus grand nombre à traverser la Manche. Aujourd'hui, l'Europe attire autant d'émigrants britanniques que les pays du Commonwealth. Pourquoi les Britanniques tournent-ils le dos à leur île, en une période où l'économie nationale se porte bien et leur fournit un quasi plein emploi ? Trois sur quatre invoquent le désir de jouir d'une meilleure qualité de vie sous d'autres cieux. Ils assurent vouloir fuir, pêle-mêle, la cherté de la vie, la flambée de la fiscalité, la criminalité, l'engorgement du réseau de transports, le manque d'espace dans leur logement et la tristesse du climat. Dans un pays comme la Nouvelle-Zélande, les nouveaux arrivants ne sont pas forcément mieux payés qu'au Royaume-Uni mais ils peuvent mener, avec le même revenu, une vie beaucoup plus agréable. Le différentiel de salaire joue nettement, en revanche, en faveur des Etats-Unis, où un jeune diplômé peut gagner jusqu'à deux fois plus que chez lui. "Nous avons du mal à retenir nos jeunes diplômés", reconnaît un professeur d'économie de l'université de Warwick. VIVRE EN PLEIN AIR D'autres motivations entrent en jeu, comme, dans le cas de l'Australie, l'envie de vivre en plein air, au plus près de la nature, où, dans le cas de l'Espagne et de la France, la possibilité d'acquérir un bien immobilier à un prix raisonnable, chose de plus en plus aléatoire en Grande-Bretagne. Ce choix concerne notamment les retraités ou futurs retraités. Selon la banque Alliance and Leicester International, au cours des dix prochaines années, un Britannique sur huit a l'intention, au moment de sa retraite, de s'installer ailleurs. Oficiellement, plus de 600 000 familles ont déjà investi dans la pierre à l'étranger, un chiffre en forte progression annuelle (+ 14 %). Mais, selon les experts du secteur, ils seraient en réalité près de 2 millions à posséder un "sweet home" loin de leur île. L'Espagne reste leur terre d'accueil favorite, devant la France. Une petite partie des émigrants s'en vont aussi parce qu'ils
ne trouvent pas d'emploi dans leur profession. Exemple : des centaines
de jeunes diplômés en médecine, victimes d'une mauvaise
planification des besoins, cherchent en vain un poste correspondant à
leur formation, alors même que le système de santé
manque de bras. Ces médecins débutants émigrent, non
pour mieux vivre, mais simplement pour commencer une carrière. Et
nul ne sait si et quand ils reviendront.
Les jeunes Britanniques quittent leur pays Le Figaro - Londres - SÉBASTIEN MARTIN
- 18 août 2006
Quelque 360 000 sujets de Sa Majesté s'expatrient chaque année. Ils sont en majorité jeunes, mais les retraités les imitent. ALORS que le taux de chômage a atteint un sommet à 5,5 % depuis près de six ans, de plus en plus de Britanniques veulent tenter leur chance à l'étranger. Selon un récent sondage de la BBC, 13 % d'entre eux entendent s'expatrier à court terme et, plus inquiétant, la proportion atteint un quart parmi les jeunes de 18-25 ans. L'émigration britannique s'est accélérée depuis dix ans. Le nombre des sujets de Sa Majesté partant vivre à l'étranger a augmenté de 50 % au cours de la période, pour atteindre 360 000 par an. Actuellement, plus de 4,5 millions de personnes possédant un passeport britannique résident hors du Royaume-Uni, essentiellement dans les pays du Commonwealth, où ils bénéficient automatiquement d'un permis de travail. Mais l'Europe est également choisie par les expatriés britanniques : il y en a environ 200 000 en France et le même nombre en Espagne. Avantage du Vieux Continent : ils bénéficient de la libre circulation des travailleurs. Désormais, il y a plus de Britanniques vivant à l'étranger que d'étrangers vivant en Grande-Bretagne, faisant de leur diaspora la seconde du monde. Les raisons souvent invoquées pour expliquer l'exil des jeunes actifs tiennent au chômage qui les frappe plus durement que leurs aînés et à la mondialisation de l'économie qui les incitent à avoir une expérience internationale. Le « gap-year », année sabbatique qui se prend avant ou après ses études, est même devenu un passage quasiment obligé pour les jeunes. Un véritable marché Le phénomène a pris des proportions impressionnantes ces dernières années et un véritable marché de services à ces candidats à l'exil s'est même créé. « Les affaires explosent depuis quelques années », souligne Tom Griffiths, qui dirige Gapyear.com, un site Internet qui fournit des services qui vont de la gestion de leur argent jusqu'à la vente en ligne de matériel spécialisé. Ce nouveau marché est estimé à 1,2 milliard d'euros pour les seuls 15-25 ans, et à 3,2 milliards pour l'ensemble de l'industrie. « De nombreuses entreprises spécialisées sont apparues », confirme un porte-parole de VSO, une association qui envoie 350 000 volontaires sur des projets caritatifs à travers le monde chaque année. Mais le phénomène n'est pas limité aux étudiants.
Depuis quelques années, les retraités à la recherche
d'une meilleure qualité de vie s'expatrient. Kevin et Vicki, 61
ans, font partie de ceux qui voudraient passer leurs vieux jours en France.
Paradoxalement, c'est la crise des fonds de pension qui les pousse à
traverser la Manche. Propriétaires d'une maison qu'ils espèrent
vendre 600 000 euros, ils n'ont pratiquement aucune épargne et une
retraite minimale en tant qu'anciens enseignants. « Aller en France
est la seule façon convenable de prendre notre retraite avec aussi
peu d'épargne ». Les observateurs du phénomène
s'attendent qu'un tiers des retraités britanniques aillent passer
leur retraite à l'étranger où ils vont dépenser
leurs retraites. Avec un quart de la population qui aura atteint ou dépassé
l'âge de la retraite en 2030, cet exode pèsera sur l'économie
britannique.
Un Britannique sur cinq aurait préféré naître en France LONDRES (AFP- 11 10 06) - Plus d'un Britannique sur cinq aurait préféré naître en France mais, à défaut, l'Hexagone est le pays où ils préfèrent travailler et où ils souhaitent passer leur retraite, selon un sondage. Malgré l'antipathie légendaire entretenue avec les Français, les Britanniques semblent avoir succombé au "facteur Henry", du nom du joueur du club londonien de football d'Arsenal, Thierry Henry. La plus grande visibilité de vedettes françaises au plan international, comme l'actrice Audrey Tautou, a provoqué un regain de francophilie au pays de Shakespeare. Ainsi, 22% des Britanniques auraient préféré naître sur l'autre rive de La Manche. A défaut, ils sont 32% à opter pour la France s'ils devaient "délocaliser" leur famille et leurs amis, devant l'Espagne et l'Italie (19% chacun), selon un sondage effectué auprès de 1.010 personnes par l'institut ICM à l'occasion de la Semaine du vin français à Londres (9 au 15 octobre). Ils sont seulement 23% à choisir le Royaume-Uni comme lieu de vie idéal. A peine plus de 50% des personnes de moins de 50 ans interrogées conserveraient leur nationalité britannique. Selon ce sondage, la France a les faveurs des Britanniques devant tout autre pays, y compris la Grande-Bretagne, pour travailler et prendre sa retraite (37%). Ils ne sont que 30% à vouloir passer leur retraite au Royaume-Uni. Les Britanniques détiennent actuellement pour 4,6 milliards de livres sterling (6,83 milliards d'euros) de biens immobiliers en France et, depuis 2000, y ont acheté quelque 51.000 maisons. Le nombre de Britanniques habitant en permanence en France a grimpé de 50% au cours des cinq dernières années pour atteindre 100.000 personnes, selon le dernier recensement effectué en France en 2004. Environ 500.000 Britanniques passent plus de six semaines par an sur le territoire français. Selon les experts, cette francophilie s'explique par un climat plus clément, des prix de l'immobilier plus bas, un niveau de vie plus élevé, le tout agrémenté de produits alimentaires de qualité et de bons vins. Aux oubliettes le bacon and eggs, traditionnel petit-déjeuner
anglais à base de lard et d'oeufs fris: deux tiers des personnes
interrogées estiment qu'un bon petit-déjeuner consiste en
un café et un croissant. Pour les repas, le meilleur accompagnement
est un verre de vin selon 40% des Britanniques, contre à peine 5%
qui préfèrent la traditionnelle bière anglaise.
Royaume-Uni Une "génération perdue" ? Xavier Goossens Correspondant à Londres - La
Libre Belgique - 12/12/2006
L'Office national des statistiques estime à 1,24 million les
jeunes Britanniques paumés.
Voilà la face cachée du Nouveau Labour. Selon des statistiques enfouies dans les bureaux de l'administration, 1,24 million de Britanniques, âgés de 16 à 24 ans, ne font strictement rien : ils ne sont ni à l'école, ni au travail, ni dans un centre de formation professionnelle. L'opposition conservatrice, qui blâme le déclin de la famille, parle de "génération perdue". Ce sont des chiffres officiels arrachés à l'Office national des statistiques. Il existe maintenant 1,24 million de jeunes Britanniques, âgés de 16 à 24 ans, qui ont entièrement disparu de la carte : ils ont quitté l'école, n'ont pas encore pénétré dans le secteur de l'emploi et ont tourné le dos aux programmes de formation professionnelle lancés par le gouvernement travailliste. Loin d'être en voie de disparition, cette "génération perdue", ainsi que l'appelle l'opposition conservatrice, a augmenté de 15 pc depuis 1997 et l'arrivée au pouvoir de M. Tony Blair et de son "Nouveau Labour". Cette augmentation est plus marquée encore pour les jeunes de 16 à 17 ans : ils sont estimés à 216 000 contre 170 000 il y a dix ans. Cette augmentation ne surprend pas M. Robert Cope, porte-parole du "Prince's Trust", une organisation charitable facilitant l'insertion des jeunes. "Si vous considérez les plus démunis, vous voyez que leur situation, relativement parlant, a empiré. Ils quittent l'école sans qualification, finissent en prison et le cercle vicieux continue. Certains sont complètement coupés du reste de la société." La publication de ces chiffres tombe bien. C'est lundi que le parti conservateur de M. David Cameron a publié son rapport - une brique de 300 000 mots - sur la "fracture britannique". Ce document devrait servir de base dans les prochains mois, à l'élaboration d'une nouvelle politique de la famille. Le rapporteur, M. Iain Duncan-Smith, déclare : "Nous avons devant nous un quart-monde (underclass) qui a perdu tout espoir de pouvoir s'élever au-dessus de sa situation. Nous ne voyons plus aucune mobilité sociale. L'enfant né d'une mère et d'un père pauvres a moins de chance de s'en sortir qu'à aucun moment depuis les années septante". "Nous avons essayé d'en trouver les causes. Nous avons étudié la crise des familles, l'endettement, l'abus d'alcool et de drogue, les échecs scolaires et aussi la dépendance économique et l'absence de travail et nous avons découvert que l'absence de vie familiale est cruciale, qu'elle est la cause d'échec scolaire menant à l'abus de drogue ainsi qu'à la dépendance économique." Evoquant ensuite la crise qui frappe le système pénitencier,
M. Duncan-Smith ajoute que "les trois quarts des détenus ont un
problème avec la drogue ou l'alcool, qu'ils ont un quotient intellectuel
équivalent à celui d'un enfant de dix ans, et que 60 pc d'entre
eux viennent de familles désunies ou inexistantes". Cette génération
oubliée ne se retrouve pas parmi les minorités ethniques
ou religieuses toujours considérées comme brimées
ou désavantagées. Selon le rapport, cette crise frappe la
famille traditionnelle "anglo-saxonne". C'est le vieil électorat
travailliste qui paraît avoir été oublié par
le Nouveau Labour dans sa poursuite des classes moyennes. Cette crise de
la famille, qui, selon M. Duncan-Smith coûte 20 milliards de livres
sterling au pays, ne sera pas résolue par les grands discours, les
programmes gouvernementaux ambitieux, les initiatives fracassantes familières
au Nouveau Labour. Le rapporteur voit le salut dans l'action de petites
organisations charitables; comme en économie, il se trouve dans
les petites entreprises.
Les jeunes Britanniques quittent leur pays ! Le Figaro - 25 Janvier 2007
Alors que le taux de chômage a atteint un sommet à 5,5% depuis près de six ans, de plus en plus de Britanniques veulent tenter leur chance à l'étranger. Selon un récent sondage de la BBC, 13% d'entre eux entendent s'expatrier à court terme et, plus inquiétant, la proportion atteint un quart parmi les jeunes de 18-25 ans. L'émigration britannique s'est accélérée
depuis dix ans. Le nombre des sujets de Sa Majesté partant vivre
à l'étranger a augmenté de 50% au cours de la période,
pour atteindre 360.000 par an. Actuellement, plus de 4,5 millions de personnes
possédant un passeport britannique résident hors du Royaume-Uni,
essentiellement dans les pays du Commonwealth, où ils bénéficient
automatiquement d'un permis de travail. Mais l'Europe est également
choisie par les expatriés britanniques : il y en a environ 200.000
en France et le même nombre en Espagne. Avantage du Vieux Continent
: ils bénéficient de la libre circulation des travailleurs.
Désormais, il y a plus de Britanniques vivant à l'étranger
que d'étrangers vivant en Grande-Bretagne, faisant de leur diaspora
la seconde du monde.
(...) Mais le phénomène n'est pas limité aux étudiants.
Depuis quelques années, les retraités à la recherche
d'une meilleure qualité de vie s'expatrient. Kevin et Vicki, 61
ans, font partie de ceux qui voudraient passer leurs vieux jours en France.
Paradoxalement, c'est la crise des fonds de pension qui les pousse à
traverser la Manche. Propriétaires d'une maison qu'ils espèrent
vendre 600.000 euros, ils n'ont pratiquement aucune épargne et une
retraite minimale en tant qu'anciens enseignants. «Aller en France
est la seule façon convenable de prendre notre retraite avec aussi
peu d'épargne». Les observateurs du phénomène
s'attendent qu'un tiers des retraités britanniques aillent passer
leur retraite à l'étranger où ils vont dépenser
leurs retraites. Avec un quart de la population qui aura atteint ou dépassé
l'âge de la retraite en 2030, cet exode pèsera sur l'économie
britannique.
Pour les Anglais, la France n'est pas chère RÉALISÉ PAR GILLES BRIDIER, PHILIPPE BUSSANG, ANNE-NOÉMIE DORION, MICHEL GARIBAL, ANNA HAGÈGE, ANNE LEMOINE, HERVÉ ROUSSEAU, CATHERINE SALVANT Figaro
Magazine - 13 octobre 2006
Qu'est-ce qui fait courir les étrangers en France ? Lorsqu'on les interroge, les arguments ne manquent pas. «Ce que nous aimons, c'est la qualité de vie que nous trouvons ici, s'exclame Mickael Legg, un Anglais installé de fraîche date dans la Creuse, les gens sont très gentils et les maisons sont beaucoup moins chères qu'en Grande-Bretagne.» Paul Robberts qui a quitté sa Cornouailles natale et qui s'est définitivement installé avec femme et enfants, n'est pas moins loquace. «Nous sommes venus en vacances il y a trois ans, et nous avons tellement aimé les paysages, le climat et les gens que nous avons décidé de rester.» Dans la plupart des cas, ils ne parlent même pas français. Mais qu'importe, ils apprennent sur le tas. D'autant que beaucoup d'entre eux ne font pas qu'acheter une résidence secondaire, ils élisent domicile principal en France. Sur le créneau des maisons à la campagne, 77% du marché sont détenus par les Britanniques et les Irlandais. Dans la Creuse, par exemple, le nombre d'Anglais qui s'installent est impressionnant. «Cela nous rappelle la campagne anglaise sans avoir à supporter le climat pluvieux», s'exclame Mickael Legg. Le soleil n'est pourtant pas garanti. Sans doute l'une des raisons du succès de ce département est-elle à rechercher du côté des prix. On trouve aisément de petites maisons de pays, habitables mais vétustes, pour 60 000 à 80 000 euros. Avec travaux à la clé, bien sûr, mais à ce niveau, les Anglais n'hésitent pas. Ils arrivent généralement avec un budget confortable. «Dans la plupart des cas, ils vendent les biens qu'ils possèdent en Grande-Bretagne, achètent en France et placent le surplus, l'objectif étant de couler une retraite précoce en France», explique Alain Bernard, responsable de plusieurs enseignes Vert et Bleu dans la région, et notamment à Bourganeuf, où les Anglais sont très présents. C'est d'autant plus facile qu'en Grande-Bretagne, les valeurs de l'immobilier sont très élevées. «Pour acheter une maison chez nous, il faut beaucoup d'argent, car les prix ont flambé en quelques années», précisent des Britanniques. Analyse que conforte la dernière étude du réseau Era sur le marché européen. En Grande-Bretagne, le prix moyen d'un logement à l'échelon national s'établit à 283 825 euros en 2005. En France, cette valeur n'est que de 176 000 euros. Pas étonnant que de nombreux propriétaires britanniques qui se sont enrichis grâce à l'immobilier, débarquent en France avec de gros budgets. De bons clients pour Alain Bernard, qui s'est d'ailleurs spécialisé dans la clientèle étrangère. «Sur 1 000 transactions, j'ai vendu 300 maisons à des Anglais.» Les commerçants, les grandes surfaces, les artisans locaux ne se plaignent pas non plus de voir débarquer cette clientèle inespérée. Du coup, des affichettes bilingues fleurissent un peu partout, révélant cette présence qui se veut pourtant discrète. Chez certains commerçants, on trouve des spécialités anglaises. On avoue même réviser ses notions d'anglais et recruter du personnel parlant la langue. Résultat, des villages qui mouraient à petit feu reprennent vie. A Bourganeuf, le parcours de golf douze trous - on connaît la passion des Anglais pour ce sport - a un succès fou. «Je me suis mis au golf !», s'exclame Alain Bernard. Dans l'ensemble, la population locale a plutôt l'oeil bienveillant, même s'il y a, ici et là, quelques grincheux pour dire que les Anglais ont fait monter les prix de l'immobilier et que les enfants du pays ne peuvent plus se loger... Quoi qu'il en soit, les villages d'étrangers ne sont pas pour demain. En tout cas, ils n'émaneront sans doute pas des Britanniques, qui cherchent, la plupart du temps, à fuir la compagnie de leurs compatriotes. «Nous ne voulons pas retrouver en France ce que nous n'apprécions pas en Grande-Bretagne, car les Anglais ne sont pas très ouverts, explique Mickael Legg, qui poursuit : Pour nous, il n'est pas question de vivre en communauté. S'il devait y avoir trop d'Anglais dans la région, nous partirions sûrement.» N'empêche que «chaque village a son Anglais», note un habitant. La Creuse n'est pas un cas isolé. Bien avant elle, le Périgord avait fait leur bonheur. Mais la région est aujourd'hui désertée par cette clientèle. Parce que ses prix sont trop élevés mais aussi parce, paradoxalement, il y a maintenant trop d'Anglais. Du coup, ce sont les régions voisines qui profitent de cette désaffection. Le Limousin par exemple, bien desservi par des compagnies low cost. Depuis Limoges, Ryanair propose des liaisons quasi quotidiennes avec Londres-Stansted, Liverpool et Nottingham-East Midlands, tandis que Flybe dessert Southampton à raison de cinq vols l'été et trois l'hiver, par semaine. A des prix défiant toute concurrence évidemment. «On trouve des billets à cinquante euros, et parfois à moins d'une dizaine d'euros !», lance Mickael Legg.Depuis l'ouverture d'une liaison avec Londres-Stansted, il y a trois ans, Rodez illustre également ce phénomène. En 2004, l'aéroport a drainé quelque 61 000 passagers étrangers sur 145 000 au total. Ils s'installent du côté de Najac et de Villefranche-de-Rouergue. «A Najac, un tiers de la population est britannique, lance Jean-Stéphane Vilain, de Sélection Habitat, mais ceux qui viennent ici veulent vivre à la française.» Le type de bien le plus recherché ? Les vieux corps de ferme à 150 000 euros.Reste à savoir si cet apport de clientèle peut s'avérer durable. Ces marchés sont en effet tributaires des compagnies. Qu'adviendrait-il si les liaisons ne s'avéraient plus rentables ? La région de Carcassonne est également devenue très prisée grâce à ses dessertes. Son soleil, ses paysages, son authenticité charment la clientèle anglaise. D'où des vagues venues d'outre-Manche qui déferlent de l'aéroport pour acheter tout ce qui est à vendre. Un marché juteux pour certains professionnels qui n'hésitent pas à se spécialiser dans la clientèle étrangère et à s'affubler de dénominations à consonance... britannique !Cependant, la ruée n'atteint pas que le sud de la Loire. On observe le même phénomène en Bourgogne, région qui voit déferler Anglais, Ecossais, Allemands, Hollandais... «Dans un rayon de quinze kilomètres autour de Cluny, la clientèle étrangère s'installe de plus en plus en résidence principale. Parfois, ils achètent à plusieurs et forment de petites communautés mais ils s'intègrent à la vie locale», explique Cédric Plantin, qui possède deux agences Pierres et Traditions dans le Clunisois. Il poursuit : «La vente d'un bien à Londres permet aux Anglais d'acheter de belles propriétés qu'ils rénovent. Ils s'y installent à l'année car ils ont des facilités pour travailler via internet.» John et Karan Hicks en sont un bel exemple. Ils viennent d'acheter une ferme sur cinq hectares de terre à La Guiche, tout près de Cluny, où ils souhaiteraient élever des alpagas et créer un gîte. «Ici, c'est beaucoup mieux qu'au nord de l'Angleterre, explique John, on peut vivre tranquille.» On le voit, beaucoup de régions sont touchées. Pour autant, ce marché ralentit. Les acquéreurs étrangers ne représentaient plus que 12% du marché des maisons de campagne l'année dernière contre 14% en 2004. Il est vrai que des pays comme la Croatie font des émules grâce à leurs prix défiant toute concurrence. «Pour 100 000 euros, on y trouve de superbes maisons avec 4 000 m2 de terrain», se lamente un agent immobilier dans le Vaucluse. Ainsi, des Allemands et des Irlandais se détournent de la France. Les Anglais, eux, sont moins aventureux.» De ce point de vue, le marché immobilier français devrait donc conserver une certaine activité. |
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