| Le bâtonnier de Paris
appelle les avocats à la fronde
Le bâtonnier de Paris, Christian Charrière-Bournazel,
appelle les avocats à plaider la nullité des procédures
en raison de l'état de l'insalubrité du dépôt
du palais de justice.
afp--24 04 09 -- Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris
a dénoncé jeudi 23 avril l'insalubrité du dépôt
du TGI de Paris et appelé ses confrères à plaider
systématiquement la nullité des procédures
En appelant les avocats à plaider systématiquement la
nullité des procédures pour protester contre l'insalubrité
du dépôt du Tribunal de grande instance, le bâtonnier
de Paris suit un mouvement lancé la semaine dernière par
de jeunes avocats.
Le 17 avril, les douze secrétaires de la Conférence du
Barreau de Paris, ces avocats qui représentent le jeune barreau
parisien et assurent la défense pénale des plus démunis,
avaient profité d'une audience de comparution immédiate pour
dénoncer les conditions "indignes" dans lesquelles sont détenus
les prévenus à Paris, dans l'attente de leur procès.
Scandalisés après une visite du dépôt, en
février, ils avaient demandé au président de déclarer
nulles les poursuites contre un jeune prévenu. Mais leur requête
avait
été rejetée. Leur rapport sur les conditions de détention
au dépôt devrait être publié d'ici quelques jours
sur Internet et communiqué au garde des sceaux.
"Traitements inhumains et dégradants"
Ce qui se passe au dépôt "peut être qualifié
sans excès de traitements inhumains et dégradants, constitutifs
d'atteintes insupportables à la dignité humaine", s'indigne
le bâtonnier dans un éditorial à paraître vendredi
24 avril dans le bulletin du Barreau de Paris.
"Il nous appartient, à nous, avocats, de plaider la nullité
des procédures et de mettre les juridictions en face de leur responsabilité",
poursuit Christian Charrière-Bournazel.
"Nul ne devrait juger ni condamner une personne humaine qui a passé
jusqu'à 20 heures dans une cellule de 3 m2, avec deux autres personnes,
sur un banc en bois, qui n'a disposé ni d'eau courante, ni de lavabo,
ni de W.C. isolé, qui a été soumise à des fouilles
à répétition, le tout dans un local dont la saleté
et la puanteur sont repoussantes", poursuit-il.
Pour conclure, le bâtonnier "invite tous (s)es confrères
à déposer des conclusions d'incident, de manière systématique,
(...) à en appeler à la Cour européenne des droits
de l'Homme, aussi longtemps que l'Etat n'aura pas mis un terme à
ces voies de fait répétées". Si cet appel était
suivi, cela pourrait rapidement désorganiser la juridiction. |