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France
: « les plus stricts des stricts »
Ces dernières années,les
Frères de Plymouth n° 4 ont peu à peu retiré
du circuit de l’Education nationale leurs enfants, à partir de la
sixième.
Leur proximité particulière
avec la veine
évangélique est encore plus nette.
Présents
dans huit départements (Ardèche, Drôme, Loire,
Haute-Loire, Var, Gard, Rhône, Seine-et-Marne)
La vie familiale y est très
normée, dans un contexte patriarcal où le père travaille
à l’extérieur, tandis que la mère prend en charge
l’éducation morale des enfants.
Bien qu’ouverts à
l’école laïque, ils ont choisi depuis quelques années
de scolariser eux-mêmes leurs enfants.
Les communautés ont
récemment créé un système privé de cours
par correspondance, les cours du Chêne.
Il n'y a d'espoir que
«si l'Education nationale se trouve menacée dans sa survie
par la concurrence d'un grand secteur éducatif libre».
Et de citer les Etats-Unis
en exemple.
L'association
se réfère volontiers au philosophe Philippe Nemo
Les politiques ne s'affichent
guère avec une association dont l'idéologie, à la
droite de la droite, renvoie aux néoconservateurs américains.
Le
nouveau sirop-typhon :
déplacements
de populations ? chèque-éducation ?
ou
non-scolarisation
?
Le
gouvernement n'est pas si sectaire avec les sectes.
Mais
pourquoi tant de sollicitude ?
Janine Tavernier : "Il
faut distinguer les mouvements religieux des vraies sectes"
Aujourd'hui,
on ne sait plus où l'on en est.
Si des travaux sérieux
avaient été entrepris, on y verrait plus clair.
Il y a quelques années,
dans ma circonscription,
on a découvert près
d'Aix-en-Provence une quarantaine d'enfants installés dans une villa,
tous déscolarisés,
mais certains inscrits à
un centre de téléenseignement ;
tous étaient inconnus
des services sociaux, les parents ne percevant aucune allocation.
Les devoirs rendus au service
de téléenseignement étaient parfaitement accomplis
en langue française,
mais
la plupart des enfants ne connaissaient pas notre langue.
Pour
Robin, la maman d'origine américaine,
une
bonne éducation ne peut pas se faire sous la contrainte.
L'Education
Nationale ne partage pas tout à fait les mêmes conceptions.
Et
c'est bien le problème.
La
justice sèche sur le cas de Jason,
le
garçon qui ne veut pas aller à l'école
Le
tribunal administratif a donné raison à une maman...condamnée
à de la prison avec sursis parce qu'elle refuse de scolariser son
enfant.
Parents
in court for refusing to send their child to school.
90 % des sectes sont d’origine
nord-américaine ou ont installé leur siège outre-Atlantique.
AU NOM DE LA LIBERTÉ
RELIGIEUSE
Les
sectes, cheval de Troie des Etats-Unis en Europe
Pour les sectes, l’intérêt
de ce combat paraît évident : s’implanter dans l’éducation
au niveau européen et disposer, comme aux Etats-Unis,
d’écoles sans aucun
contrôle de l’Etat, c’est l’assurance d’un recrutement plus large
et plus solide,
car intégré
à la construction culturelle et psychologique des individus.
Mission de l'Esprit-Saint
: Le ministre défend l'école à
la maison
Le ministre de l'Éducation
du Québec, Jean-Marc Fournier, défend la stratégie
de compromis qu'il a adoptée face à la Mission de l'Esprit-Saint,
un
groupe religieux de la région de Joliette dont les 144 enfants sont
éduqués à la maison.
AMERICAN
WAY
OF LIFE...
"Je
t'aime, Alex" : 4 mois de redressement.
Lourde peine pour une écolière
amoureuse.
Une jeune fille de 12 ans
ayant écrit «Je t’aime Alex» sur les murs d’une
école, a été envoyée pour 4 mois dans un établissement
"accueillant" des élèves "en difficulté". Parmi de
nombreuses autres jolies colonies de vacances du même type : Tranquillity
bay". gérée par la WWASP (patronnée par le
professeur Skinner, le père de la psychologie comportementaliste).
Pour 3000 dollars par mois,
il promet de transformer ces récalcitrants en citoyens dociles et
travailleurs.
C.J. Klicka invite les
partisans étrangers de l'école à la maison
au combat.
Son organisation, la "Home
School Legal Defense Association" est liéee
à "l’église évangélique".
"Eglise" qui sert
de relais en dehors des Etats-Unis pour promouvoir l'école en famille
:
«Les croisés
américains du Home Schooling»
(Newsweek)
45
millions de personnes sans système de santé
dans
le pays le plus riche du monde.
Le
système de santé américain est le plus onéreux
parmi les pays industrialisés
et
l'un des moins efficaces en terme de nombre de personnes couvertes.
États-Unis
: L’abstinence sexuelle renforcée
131 millions de dollars
(augmentation de 30 millions) pour les programmes fédéraux
vantant auprès des collégiens et lycéens américains
les mérites de l’inexistence d’une vie sexuelle avant le mariage.
L’évaluation nationale des bienfaits réels de ces programmes
a été reportée à 2006.
Des
aberrations scientifiques pour mieux prêcher la chasteté
Cette année, 40 des
50 Etats doivent faire face à diverses procédures visant
à contester l'enseignement de la théorie de l'évolution
dans les écoles publiques.
Quelque 6000 étudiants
sont attendus sur le
campus "sans péché" (l’Ave Maria University),
qui ne connaîtra ni
préservatifs ou autre moyen de contraception, ni homosexualité,
ni avortement.
Le
nombre total des armes à feu en circulation aux Etats-Unis est estimé
à plus de 200 millions, dont 65 millions d'armes de poing, pour
une population totale de 284 millions d'habitants.
Selon
des statistiques gouvernementales remontant à la fin des années
90, les armes à feu sont la cause de la mort d'un enfant ou adolescent
toutes les deux heures, par crime, accident ou suicide.
En
1997, ces armes ont été responsables de la mort de 32.436
personnes,
selon
ces mêmes statistiques.
4000
Québécois fréquentent des écoles "clandestines"
pentecôtistes
Les écoles pentecôtistes
enseignent notamment le créationnisme.
BRITISH
WAY OF LIFE...
ÉCOLES
ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit
compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre
par le gouvernement travailliste..
35%
des élèves de 11 ans ne savent pas lire.
Un
ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.
Ecoles
publiques fermées aux pauvres. Des réunions de
"sélection" d’élèves sont organisées, durant
lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".
Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants
dans l’école de leur choix. En écartant les élèves
issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent
rehausser leur taux de réussite aux examens.
...
& Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.
Les
écoles anglaises pourront être gérées par des
"trusts".
L’école
britannique livrée au patronat. En mars 2000, le Conseil
européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif
à la politique de l’Union en matière d’éducation de
produire un capital humain rentable au service de la compétitivité
économique.
Le
créationnisme aux examens.
Grande-Bretagne
:Les
sponsors au secours de l'école.
Naître
et grandir pauvre en Grande-Bretagne est encore plus pénalisant
que dans d’autres pays développés.
Un demi-million de «sans-logement». A
Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.
Un
demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".
De
plus en plus de mineurs hospitalisés pour des problèmes d'alcool.
Le nombre de mineurs hospitalisés en Angleterre pour avoir trop
bu a augmenté de 20% en un an.
«tolérance
zéro» et conditions de détention intolérables.
Plus
de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés.
«Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est
l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»
Les
frais très élevés d’inscription universitaire dissuadent
les étudiants issus de familles modestes de s’inscrire en fac.
De
plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie
du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université.
M.
Ernest-Antoine Sellière, alors président du patronat français
:«
Je suis un socialiste britannique »
Londres,
paradis des milliardaires.
Selon
des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale : «Au Royaume-Uni,
les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes
du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria,
et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la
Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie.»
|
| Association
française :
Créée il
y une quinzaine d'années,
l'association
"Les
Enfants D'Abord"
Cette association n'a
strictement rien à voir
- avec le défunt
magazine du même nom, - piqué à Christiane Rochefort
- se proclamant d'abord "recommandé par Françoise Dolto"
puis
des "professionnels de l'enfance", très hostile à
la non-scolarisation et euthanasié en 1997... peu après
un brillant numéro très politiquement-correct, dont le consternifiant
éditoraliste - mal-comprenant ou presbyte ? - traitait le philosophe
Bernard Defrance ... de vieux cochon dont il convenait de se désolidariser,
avec tristesse bien sûr.
- et, de moins en moins,
avec l'analyse de Christiane Rochefort dans "Les
enfants d'abord") ... ou celle de Catherine Baker ("Insoumission
à l'école obligatoire")
Le vent souffle d'Amérique...
R.A
|
L'INSTRUCTION
EN FAMILLE EN EUROPE
- en Belgique
. néerlandophone
: L'Huisonderwijs
est clairement
réglementé.
. francophone
:
L'Instruction En Famille
(IEF),
très peu pratiquée, est de nouveau réglementée
: le
décret du 12 juin 2008 prévoit que l'enseignement "ne
doit pas être incompatible avec les valeurs de notre société".
Le ministre de l'Enseignement
obligatoire Chritian Dupont a assuré le député Ecolo
qu'il lancerait une étude "afin de mieux connaître le phénomène".
Il espère toutefois qu'«on ne lui reprochera pas de faire
intrusion dans la vie privée des gens»...
- En Allemagne
... c'est interdit, sauf en cas de réelle "persécution"
religieuse ou obligations professionnelles des parents.
Décision
de la Cour Européenne le 18 09 06
Une
semaine de prison pour un père qui refusait de mettre sa fille à
l'école et de payer l'amende
ALLEMAGNE -
Le tribunal de Hambourg a condamné à une semaine de prison
un père de 6 enfants qui refuse d'envoyer ses 3 filles aînées,
en âge scolaire, à l'école.
Comme d'autres familles,
le couple de chrétiens
évangéliques, objecte que plusieurs sujets enseignés
à l'école sont contraires à leur foi chrétienne.
Par exemple, l'éducation
sexuelle, l'instruction religieuse et l'enseignement des théories
de l'évolution
en cours de biologie.
Selon eux, les écoles
publiques ne respectent pas les préceptes bibliques de décence
et d'obéissance aux parents.
Le couple de chrétiens
évangéliques avait été condamné en février
à une amende.
Comme celle-ci (2340 euros)
n'a pas été payée, l'incarcération a été
prononcée.
Le porte-parole de l'administration
scolaire, Mr. Luckow a déclaré au journal du soir de Hambourg
(Hamburger Abendblatt):
"L'obligation d'aller
en classe est un devoir parental et un devoir civique et ne peut dépendre
du bon vouloir de qui que ce soit."
Les parents chrétiens
avaient annoncé en février vouloir revendiquer leur droit
au "homeschooling" (scolarité à la maison) devant la Cour
Européenne des Droits de l'homme. |
Bibliographie
:
John
HOLT

disponibles aux Ed.
Penguin.
Teach Your Own.
Delacorte, 1981, By John Holt.
Revised and updated by Patrick
Farenga, Perseus 2003
| Bibliographie
(de référence
?!)
en français
: |
Christiane
ROCHEFORT
"LES
ENFANTS D'ABORD"
(Grasset
1976 - Epuisé)
Pourquoi
maintenant
?
Catherine Baker
"Insoumission
à l'école obligatoire"
Réédition
2006
ISBN 2-912631-12-2
208 p.
(Ed. Barrault 1985 -
Epuisé)
et "Les cahiers au feu"
(Ed. Barrault 1988 -
Epuisé)
Marie-Lydia Lazinier
"J'ai dit non à l'école"
(1987 - Ed. Retz)
John Holt
"S'évader de l'enfance"
(traduction parue aux Ed. Payot
en 1976 - puis en P.B.P. n° 285)
Postface :
"Parmi ceux qui croient
à l'enfance-institution, beaucoup la considèrent comme une
sorte de jardin clos dans lequel les enfants sont gardés de la brutalité
du monde extérieur jusqu'au moment où ils seront assez forts
et intelligents pour y résister
D'autres, comme John
Holt, estiment que la plupart des jeunes, et à un âge de plus
en plus précoce, ressentent l'enfance plutôt comme une prison
et qu'il convient de les aider à pratiquer dans le mur qui les enferme
une ou deux brèches qui leur permettent d'en sortir et de tenter
de vivre plus au large"

L'opinion
de
JOHN
HOLT
|
L'Instruction
En
Famille
...
APPRENDRE
SANS ÉCOLE,
ou L'ÉCOLE
A LA MAISON.
En anglais, ça
se prononce "home schooling" :
tendance née
aux U.S.A. dans les années 70
en même temps
que les "free" ou "alternative schools",
en contestation
d'une école - et d'une société - trop normatives.
Avec le début
des « années Reagan »,
ce mouvement n'a
cessé de s'amplifier quantitativement
Et de régresser
quant aux motivations et pratiques.
Même "évolution"
en Grande Bretagne
(depuis le début
des « années Thatcher » !).
Coïncidence ?
Refuser de confier ses enfants à
l'école, qu'elle soit publique ou privée, et décider
de s'occuper soi-même de leur éducation - dont l'instruction
n'est qu'un aspect - seul-e ou en liaison avec d'autres familles, sont
des décisions dont les motivations et les modalités d'application
peuvent être extrêmement variées. Notamment dans un
pays aussi vaste et contrasté que les U.S.A. où cela peut
concerner certains groupes minoritaires ethniques, sociaux, ou contestataires
(écologistes et "alternatifs"), et - de plus en plus -
religieux, et/ou sectaires: "conservateurs" comme "libéraux" !.
Dans l'ensemble, il s'agit de familles
très ordinaires, mécontentes du système scolaire tel
qu'il fonctionne - de plus en plus mal depuis les années Reagan-
avec son lot de sélections précoces, de compétitions
stériles, de médiocrité conformiste, de violences
en tous genres, et finalement d'échecs, non seulement "scolaires",
mais d'abord et surtout éducatifs et sociaux… conséquences
logiques de choix, en amont, économiques et politiques : «sauve
qui peut !».
On
s'amuse à Dysneyland ...
S'y ajoute le problème des
distances rendant très aléatoires les performances du "ramassage
scolaire" et celles des contrôles administratifs.
Un rapport fédéral
(1986) évaluait à plus de 250 000 le nombre de ces familles
(15000 fin des années 70). La "Home School Legal Defense Association"
(liée
à"l’église
évangélique") estimait - en 2000 - à 5% des
enfants d'âge scolaire le nombre de ceux qui le sont "à la
maison", c'est-à-dire environ 1 500 000, ce nombre ne cessant d'augmenter
(*). Il ne s'agit pas, bien entendu, de "non-scolarisés" de certains
ghettos n'ayant d'autres choix, mais d'enfants dont les familles ont été
recensées avec la collaboration des associations de non- ou dé-scolarisation.
Parmi près d'une centaine,
la plus ancienne, la plus importante et longtemps la plus active de ces
associations, a été celle créée par John Holt,
théoricien et praticien du "home schooling", auteur de plusieurs
best-sellers outre-Atlantique. Sa revue "Growing
Without Schooling" contenant des renseignements pratiques, légaux,
des témoignages et opportunités de rencontres entre familles,
et diffusant des ouvrages et le matériel éducatif pouvant
être utiles aux non-scolarisés, lui a survécu, difficlement,
une quinzaine d'années.
(*) Le nombre
d'enfants "scolarisés à la maison" aux USA serait passé
de 1,5 million en 2000 à près de 2,5 millions en 2006...
pour des motifs aujourd'hui essentiellement religieux :
Faith
fuels home education boom
("This increase is due,
in large part, to the rise of Christian homeschooling - parents' choosing
to teach children at home from a Biblical point of view.")
D'autres sources font état
de chiffres beaucoup moins élevés.
En 2003, le National
Center for Education Statistics estimait leur nombre à 1,1 million.
Que le chiffre ait augmenté
n'a soi rien d'étonnant, le démantèlement de l'école
publique étant clairement programmé depuis les années
Reagan, et la symbiose parfaite en matière de choix religieux, économiques,
politiques, sociaux - et militaires ! - entre Bush junior et les courants
religieux et affairistes.
Et comme en France, les
associations ont tendance à additionner des choux et des carottes.
On compte les nourrissons,
les "expats" de passage, les scolarisés à domicile pour raisons
médicales, et ... on oublie de soustraire ceux qui rejoignent le
"système scolaire" à différentes étapes et
pour différentes raisons !
Les chiffres du "home
schooling" aux USA sont d'autant moins crédibles que, comme
vient de le révèler
"l'affaire"
de Los Angeles à l'occasion du procès d'une famille
pour "child abuse", des états n'effectuent aucun contrôle.
Sous un même label
de "home schooling", des enfants peuvent tantôt être
inscrits, de fait, en la fréquentant quotidiennement, ou pas, à
une école privée, religieuse et/ou commerciale, à
des cours par correspondance/à distance, religieux et/ou commerciaux,
suivis de plus ou moins près par l'une de ces institutions, tantôt
être inscrits, pour la forme, à une "charter school".
Ou être totalement
livrés à eux-mêmes.
On peut aussi - ce n'est
qu'une formalité dispensée de tout réel contrôle
! - déclarer du jour au lendemain son domicile comme "école
privée", et n'y "scolariser" que ses propres enfants...
Après de nombreux conflits dans
certains Etats dûs à des interprétations divergentes
de la loi fédérale, le "home schooling" est ... "reconnu"
: à l'occasion du passage au Sénat de la Nouvelle Loi
sur l'Education, un amendement stipule clairement que "Rien dans
cet Acte ne peut empêcher les pratiques et les droits des écoles
privées ou des familles pratiquant le home schooling".
Mais, comme vient de le rappeler
en février 2008, et à la suprise générale,
l'arrêt
de la cour d'appel en Californie, rien ne l'autorise expressément
non plus.
En 1986, en accord et en collaboration
avec les associations, les autorités fédérales avaient
soumis un échantillonnage de plusieurs milliers d'enfants aux tests
nationaux pendant un an. Le résultat fit l'objet d'un volumineux
rapport repris par toute la presse anglo-saxonne : les enfants instruits
à la maison - sans trop s’attarder sur les milieux socio-culturels
représentés… - obtenaient des résultats aux
tests supérieurs en moyenne à ceux qui sont scolarisés.
Et, naturellement, les admissions dans de grandes universités ne
sont plus des évènements.
Les associations, très diverses,
extrêmement actives, publient de nombreux bulletins de liaison, journaux
d'informations et innombrables sites web. On y trouve des listes de matériel
pédagogique ayant donné satisfaction, des propositions de
stages ou week-ends de rencontre, et des listes-annuaires permettant aux
parents et aux enfants de correspondre ou de se rencontrer, en fonction
de leurs âges, affinités ou proximités géographiques.
Il est à noter que beaucoup de ces familles ont la bougeotte et
pratiquent couramment le mobile home (... schooling), comme le font également
beaucoup de familles scandinaves et anglo-saxonnes en Europe.
Des écoles alternatives
(aux très-très divers sens américains du terme !),
publiques ou privées, proposent également leur collaboration
pour des séjours ponctuels de "mise à niveau", des cours
par correspondance traditionnelle ou électronique, certaines éditant
des dossiers, permettant aux enfants ou adolescents de vérifier
leur niveau et à ceux qui le désirent de réintégrer
sans casse ni tracasserie l'enseignement plus traditionnel.
Plus récemment, on a commencé
à voir certains Etats offrir des allocations, variantes du chèque
ou bon scolaire ou chèque-éducation, ('voucher"),
permettant à des familles ou des associations de s'équiper
en matériel (notamment, livres, ordinateurs et logiciels).
De là à en conclure
que les écoles, notamment publiques, sont en voie de disparition
aux USA - et qu'il en sera donc, forcément, de même en France
d'ici peu, comme le proclament et prophétisent les agités
vrp bigots-libéraux bien de cheux nous... il n'en reste pas moins
que l’enseignement public américain représente- toujours
et malgré d'incessantes restrictions budgétaires ! - environ
90% des écoles primaires et secondaires. Les écoles privées
demandent des frais d’inscription assez élevés et les 4/5
de ces établissements "indépendants" (?!) étant administrés
par des organisations religieuses...
Qui n'ont plus trop la cote depuis
quelques années, et dont le nombre est en chute libre. Tout
fout l'camp ! Y compris de nombreuses familles ... ayant donc choisi
le (christian, catholic, evangelic, etc... of course !) homeschooling.
: "Historiquement, l’enseignement aux Etats-Unis a des bases religieuses
et civiques. Les premières écoles furent fondées pour
préparer des clercs et former des citoyens vertueux et pieux."
Agés respectivement de 13 et de 14 ans, Brian et Gerald Feltman
ont déjà la coupe de cheveux des marines.
A dix jours des élections,
ils sont venus aider le Parti républicain.
Leur rôle est de passer
des coups de fil pour mobiliser la base.
Le petit discours qu'ils
débitent à leurs interlocuteurs figure devant eux sur une
feuille dactylographiée.
"Les démocrates
veulent s'emparer du Congrès pour mettre en place leur programme,
qui prévoit l'abandon de l'Irak aux terroristes", lit Gerald,
le grand frère.
Ils vont "mettre fin
au programme de surveillance des terroristes" (les écoutes téléphoniques),
poursuit Brian.
Puis vient le coup de grâce
: "Ils vont augmenter les impôts."
Brian et Gerald ne sont pas
allés à l'école aujourd'hui, pas plus que les autres
jours.
Ils
sont scolarisés à domicile, selon la pratique de homeschooling
en vogue chez les conservateurs, pour qui l'école publique est trop
laxiste.
Ils ne votent pas encore,
mais ils sont républicains : "Yes, Mam."
Gerald se destine à
l'armée et Brian fera comme son frère.
Leur mère est d'accord
:
"Elle trouve ça cool que nous voulions défendre notre
pays." |
Californie
- 28 02 08
: Une
décision de justice limite le droit au "homeschooling"
Toutes
les ligues conservatrices sont sur le pied de guerre.
Et
Arnold Schwarzenegger les a aussitôt assurées de son soutien...
L'INSTRUCTION
EN FAMILLE EN EUROPE
En Grande Bretagne,
l'association
"Education
Otherwise"
qui tire son nom du texte même de la loi - « l'éducation
peut être donnée soit dans les écoles publiques, ou
privées, soit otherwise » - a été
fondée en 1977.
La même année, Roland
Meighan recensait « une vingtaine de familles » : "Twenty-five
years ago, there were 20 families home-educating in the whole of the UK"
(Roland Meighan - Times
Educational Supplement 12 - 09 - 03)
Elle regroupe aujourd’hui quelques
milliers de familles (*), avec de nombreuses antennes régionales
et publie un bulletin, une liste-annuaire, et des numéros spéciaux
consacrés à telle ou telle tranche d'âge. La progression
rapide de ce mouvement n'a pas été sans malentendus entre
certaines familles et des autorités administratives, celles-ci sans
contester le droit, désirant parfois garder la possibilité
de regard sur les méthodes, la fréquence des temps d'étude,
et l'évaluation des résultats.
D'autre part, il arrive comme en
France, que des services sociaux soient amenés à intervenir
au titre des lois, ou des coutumes, concernant la protection des mineurs.
Mais on note aussi des collaborations entre des associations et des écoles,
celles-ci acceptant parfois de mettre à leur disposition bibliothèque,
labos, terrains de sports, au cas par cas, sans cadre administratif ou
juridique bien défini. C'est pourquoi s'était instauré
une sorte de modus vivendi engageant les autorités à plus
de bienveillance et les familles à plus de transparence; à
charge pour elles d'établir programme et système d'évaluation
pouvant servir de base de discussion et éviter des conflits stériles
dont les enfants font toujours les frais quelles que puissent être
les (bonnes) intentions des uns et des autres.
Mais depuis quelque temps, aussi
bien en Grande Bretagne qu’aux USA, la lune de miel entre ces associations
de familles et les milieux libéraux est ici ou là remise
en cause - même si elles peuvent être, sont souvent, de fait,
volens
nolens, des alliées pour le démantèlement des
services publics d’éducation ! - par le retour en force de l’ordre
moral qui s’accommode mal de toute liberté vite suspecte d'être
laxiste - voire, horreur, libertaire ou carrément anarchiste, si
elle n’est pas très encadrée … par une église,
secte "contrôlée" ou pas, ou parti !
Ce qui est tout de même le
cas, rassurons-nous, comme aux USA, comme en France, de la majorité
des familles ne scolarisant pas leurs enfants pour les mêmes raisons,
et donc avec la bénédiction, le soutien et l'encadrement
des - petites ou grandes, reconnues ou pas - "églises".
Et des partis et lobbys oeuvrant
pour la livraison de "l'éducation" au(x) Marché(s).
Au nom, bien sûr, de la protection
de l’enfance dite « en danger ».
Au programme : tests et contrôles
renforcés.
En avril 2007, Eunice Spry, témoin
de Jehovah, a été condamnée à 14 ans de prison
pour mauvais traitements ("horrifying
catalogue of cruel and sadistic treatment") sur ses trois
enfants qu'elle ne scolarisait pas :
"Spry
decides to teach all the children at home in 1994. The prosecution said
this was so that no-one would see the childrens' injuries."
Privation de nourriture, de soins,
coups et tortures. Pendant 19 ans.
Après de multiples constats
d'enfants livrés à eux-mêmes sous couvert de home
schooling, le ministère de l'éducation "envisage" ...
depuis un certain temps, de rendre obligatoires la déclaration,
voire l'autorisation... et des contrôles plus réguliers.
(*) La déclaration
n'étant pas obligatoire, nul ne sait exactement combien d'enfants
sont concernés, et les chiffres les plus fantaisistes circulent
:
Home
schooling numbers uncertain
Home-educated children
do not have to follow the national curriculum
An attempt to find out
how many children in England are being educated at home suggests the number
might range between 7,400 and 34,400.
/.../These latest figures
for the number of children being taught at home are considerably lower
than an often-quoted figure of 150,000 home-educated children.
Combien d'enfants homeschooling en
Grande Bretagne aujourd'hui ?
"Nobody
knows how many."
Quelle importance ? Ils sont
si bien encadrés : la "Third Home Education Fair" (dont on
s'est "inspiré" en France pour une "Journée - Internationale
? - pour la liberté d'instruction"
("JIPLI"), avait
lieu comme la précédente ... dans une église (Westbourne
Grove Church).
En Belgique :
L'école à domicile sous
contrôle
- 10 avril 2008
La Communauté remet des
balises à l'enseignement du millier d'enfants insruits à
la maison ou en classes privées. Un échec, et c'est l'école.
La mobilisation d'Apprendre
en famille, association créée pour l'occasion, n'a pas
empêché le Parlement de la Communauté française
de voter le texte encadrant l'enseignement à domicile.
Christian Dupont, ministre
de l'Enseignement, parle de 944 enfants: 443 dans des écoles privées
(non subventionnées et dont les diplômes ne sont pas reconnus),
501 dans leurs familles.
Depuis 2006 et un arrêt
du Conseil d'État, ce contrôle n'avait plus de base légale.
La Communauté française distingue deux situations. Les parents
inscrivant leurs enfants dans des écoles délivrant des diplômes
reconnus, ou des diplômes étrangers, doivent le signaler à
l'administration de l'enseignement.
Cas classique: l'inscription
dans une école flamande. Pour les écoles délivrant
des diplômes étrangers, la Communauté française
doit dire si l'enfant satisfait à l'obligation scolaire. En fonction
du programme, mais aussi des «valeurs de notre société».
Une école pratiquant les châtiments corporels ne serait pas
conforme: ses élèves ne satisferaient pas à l'obligation
scolaire, tombant sous le coup du décret sur l'enseignement à
domicile.
Double contrôle
Ceux qui choisissent l'enseignement
à la maison ou dans une école privée auront deux obligations:
se soumettre aux contrôles, et présenter leurs enfants aux
examens certificatifs (à chaque passage de cycle).
Quels contrôles? Liberté
pédagogique oblige, les familles ne doivent pas respecter les socles
de compétences. Mais l'Inspection scolaire s'en servira pour «apprécier
si l'enseignement prodigué peut raisonnablement être considéré
comme de nature à atteindre le même niveau de connaissances».
«Le code de la route
est le même pour tous»
Le Service général
de l'inspection contrôlera aussi «les moyens mis en oeuvre
pour assurer l'enseignement, tels que les manuels scolaires employés,
le matériel pédagogique...» Contrôle qu'il
peut effectuer «à n'importe quel moment», d'initiative
ou sur injonction. En tout état de cause, il y aura un contrôle
au moins tous les deux ans, les enfants passant les examens de fins de
cycles.
Si les moyens pédagogiques
sont jugés insuffisants, ou en cas d'échec aux examens, les
parents devront inscrire l'enfant dans une école «classique».
Écolo
s'est abstenu, regrettant qu'on légifère sans aucune connaissance
de la réalité de terrain. Marcel Neven (MR)
aurait voulu un contrôle plus sévère, surtout des écoles
privées, par crainte d'idéologies sectaires.
Pour le cdH,
ce décret
«ne change pas grand chose» à
ce qui était pratiqué entre 1999 et 2006. Françoise
Fassiaux (PS) estime aussi qu'«il est encore possible
pour les familles, avec ce décret, de faire ce qu'elles veulent.
Mais ça ne veut pas dire n'importe quoi: le code de la route est
le même pour tout le monde.»
Le mot de la fin au ministre
Christian Dupont (PS) : «Une minorité de
parents apprécient de faire comme ils le souhaitent, mais à
un moment, il faut remettre les enfants dans des circuits classiques où
les certifications existent. Il fallait concilier ce qui peut-être
ne peut pas l'être...»
Didier CATTEAU
[MR : premier parti politique (centre-Droit) de Wallonie
et de Bruxelles.
cdH : centre-droit
PS : (p.s.) deuxième parti francophone de
Belgique
Ecolo : ("vert")
Bruxelles-Capitale: coalition PS-CDH-Ecolo.] |
EN FRANCE,
L'ÉCOLE
N'EST PAS OBLIGATOIRE ...
Et ... dans la mouvance des
homeschoolers
français, ça se prononçait aussi très volontiers
"home
schooling"
! Mais depuis quelque temps, l'américanophilie se
portant moins bien (exploits militaires en Irak, crise des subprimes...),
on voit utilisé de plus en plus ici souvent le label de "l'Instruction
En Famille"...
L'argumentaire français, les
motifs affichés ou pas, notamment religieux et/ou "sectaires", néo-conservateurs
ou libertariens-libéraux, et les stratégies, n'en ressemblent
pas moins aujourd'hui furieusement à ceux en vigueur outre-Manche
comme outre-Atlantique.
Copiés-collés, planqués
derrière, drapés dans, l'étendard des "droits de
l'Homme" et de la Liberté de. Et au nom de la (sainte)
Famille...
On y trouve même un nombre
croissant de nostalgiques de ... l'école.
D'école "différente"
? Pas vraiment.
Des
écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !
Plutôt
celle de jadis-autrefois : tendance vieille France. Rance.
Dans une odeur de moisissures champignonesques.
Et qui devrait être aujourd'hui
"indépendante"
: telle qu'elle est promue, défendue et illustrée, avec chèque-éducation,
bien sûr, et avec ou sans références bibliques apocalyptiques,
dans la galaxie des chapelles, groupuscules ou partis plus ou moins ultra-catho-conservateurs-libéraux.
Et de nombreux satellites lobbyistes
comme
"sos-éducation"
ou "créer son école" et autres météores
et o.v.n.i. inspirés notamment par les théories de Philippe
Nemo.
[Une
nébuleuse idéologique très marquée]
Gourou et galaxie dont les fans et
groupies font sans vergogne, ni la moindre entrave, la promo sur liste
de discussion, colloque ... et jusque sur site et "portail" de la "liberté
d'instruction".
Le théoricien, choyé
par Radio-Courtoisie,
étant par ailleurs "expert"
de l'OIDEL (Organisation Internationale de la ... "Liberté
de l'Enseignement" ... ou pour "l'Ecole-Libre" : "E.L." ?!).
Et donc en étroite connivence
avec les thèses d'associations et officines françaises telles
que "Enseignement et Liberté", "Lire et Ecrire", etc,
etc...
Dès 2004, même Fanny
Capel, auteur de "Qui a eu cette idée folle un jour de casser
l'école ?" et membre du "collectif Sauvons les Lettres" a
pris ses distances avec l'auteur de "Pourquoi ont-ils tué
Jules Ferry ?" :
"Il m'apparaît donc clairement,
à l'issue de la lecture du projet que vous m'avez soumis, que les
analyses de M. Nemo, et les buts poursuivis par SOS-Education divergent
absolument des miens, et de ceux du collectif Sauver les lettres."
| Une
nébuleuse idéologique très marquée
Certains
reprochent parfois à SOS-Education d'être proche d'une nébuleuse
où s'entrecroisent ultralibéralisme et extrême droite.
Vincent Laarman, lui, ne veut en tirer aucune conclusion. Des noms, pourtant,
reviennent : Contribuables associés, Institut pour la recherche
sur les administrations publiques, Réseau Liberté, Conscience
politique, Catholiques pour la liberté économique...
Cependant,
la seule "référence assumée" de l'association est
un manifeste "Pour le pluralisme scolaire", signé du penseur
libéral Philippe Nemo, qui "approuve totalement" l'action de SOS-Education
tout en précisant n'avoir eu aucun rôle dans sa création.
Ce
texte propose "que la collectivité finance l'enseignement, mais
que la prestation d'enseignement soit assurée par des écoles
indépendantes".
Trois
associations d'enseignants (Sauver les lettres, Reconstruire l'école,
Sauver les maths), pourtant elles aussi hostiles au "pédagogisme"
(néologisme désignant les excès de la pédagogie),
viennent de se démarquer de ces propositions qui, selon elles, équivalent
à un "démantèlement" de l'éducation nationale. |
Belle o.p.a. sur un courant
qui s'inspirait, à ses débuts, en France, des analyses et
témoignages de Christiane Rochefort et Catherine Baker.
Et le feint encore : belle feinte
!
Octobre
1975 - Quelques mois avant la publication de LES
ENFANTS D'ABORD
Avec
Christiane Rochefort, une des premières réunions de "Possible"-A.I.E.
L'ÉCOLE N'EST PAS
OBLIGATOIRE ... puisque la loi de 1882 (et ses
annexes, jusqu’à 1998) disait à peu près la même
chose qu'en Angleterre, à savoir que si l'instruction est obligatoire,
"...
elle peut être donnée soit dans une école publique
ou privée, soit dans les familles, par le père de famille
lui-même, ou par toute personne qu'il aura choisie".
Elaborée par le Sénat,
une loi plus contraignante a été adoptée
le 10 décembre 1998 par l'Assemblée Nationale. Le décret
d'application de cette loi est paru au J.O le 24 mars 1999. La circulaire
concernant les modalités est parue au B.O. de l'Education nationale
(N° H.S. du 20 mai 1999). Cf : "Obligation
scolaire et liberté d'éduquer".
Théoriquement - et pratiquement,
dans la plupart des cas - la démarche, au plan légal, est
simple : une lettre, de préférence en début de scolarité
ou d'année scolaire, informant l'académie de sa décision,
suivie d'un accusé de réception qui peut être utile
pour les prestations familiales. Cette simple formalité accomplie,
reste le plus important : imaginer, construire et vivre l'aventure éducative.
Ce qui ne semble pas tenter énormément
de parents : une vingtaine de familles également en France dans
les années 70.
"En France,
3 000 enfants ne vont pas à l'école
et sont instruits par leurs parents."
(Le
Parisien - 10 09 07)
"Entre 30 000 et 40 000 enfants seraient
instruits à domicile.
("Le Figaro - 08 09 07)
Un écart de 1 à 10 à
deux jours d'intervalle !
Connait-on les chiffres exacts ?
Selon le ministère, 978 enfants
ont fait l'objet d'une déclaration d'instruction dans la famille
à la rentrée 99, 1016 à la rentrée 2000, et
1156
en 2002.
Il s'agit des enfants non inscrits
à un cours à distance, ou bien inscrits à l'un des
"cours", français ou étrangers, non reconnus par l'E.N.
On peut y ajouter quelques petits
milliers d’inscrits au CNED, pour divers motifs, (et donc
de ce fait - et si les "devoirs" sont corrects et rendus à temps
- dispensés de déclaration, puis de contrôle)
…
En en retranchant « un certain
nombre » de familles anglo-saxonnes de passage pour business en France
… ou s’y installant : beaucoup fuyant non seulement l’école, mais
aussi l’eden britannique ! ( "Plus de 350 000 Britanniques ont quitté
leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure. Les
jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs ").
En rajoutant pas mal de familles
américano/anglo-philes... le compte est bon !
| Le ministère chargé
de l'éducation nationale a pour sa part recensé sur trois
années, auprès des inspecteurs d'académie, directeurs
des services départementaux de l'éducation nationale, le
nombre d'enfants soumis à l'obligation scolaire, âgés
de six à seize ans et déclarés instruits dans la famille.
Ces
chiffres sont globalement stables : environ 1 000 enfants en 1997
(extrapolation), 978 à la rentrée 1999, 1 016 à la
rentrée 2000.
En outre, 6977 enfants
d'âge scolaire ont reçu un avis favorable pour suivre leur
scolarité auprès du Centre national d'enseignement à
distance (CNED) en 1999 ; ils étaient 7728 en 2000.
Par ailleurs, en 1999-2000,
on recensait 8 581 élèves scolarisés dans des classes
élémentaires d'écoles privées hors contrat
et 7 419 élèves dans des classes de collèges privés
hors contrat.
2006
" /.../ enfants éduqués
dans les familles : il y en a eu l'an dernier 2869,
et nos inspecteurs des corps
territoriaux ont procédé à 1149 contrôles.
Nous avons eu 23 mises en
demeure de scolarisation.
En ce qui concerne l'enseignement
à distance, il y avait l'an dernier 3983 enfants qui étaient
inscrits au CNED
et 480 enfants qui étaient
inscrits dans des centres d'enseignement par correspondance privés.
Les enfants malades par
exemple, hospitalisés, peuvent parfaitement recevoir un enseignement
à distance par le CNED et ils sont évidement compris dans
ce chiffre.
Nous avons contrôlé
86 écoles privées hors contrat l'an dernier.
11 de ces écoles
privées hors contrat ont été mises en demeure de dispenser
un enseignement conforme /.../"
Jean-Yves
Dupuis et Pierre Polivka.
(Audition de la commission
d’enquête parlementaire relative à l'influence des mouvements
à caractère sectaire et aux conséquences de leurs
pratiques sur la santé physique et morale des mineurs, le 10 octobre
2006).
Obligation
scolaire et liberté
en quelques lignes
...
Contrôle
de l'obligation scolaire
Contrôle de l'accès
des enfants à une source d'instruction
- Obligation d'inscription
ou de déclaration
- Sanction en cas de
non-déclaration d'un enfant
Contrôle de l'effectivité
de l'instruction
- Contrôle de l'instruction
donnée par les établissements privés hors contrat
- Contrôle de l'instruction
dispensée dans les familles
- Sanctions |
Même si cette possibilité
n'est pas rappelée tous les soirs au journal de 20 heures, l'information
est disponible. Sans remonter à la préhistoire, des journaux,
des émissions radio ou TV abordent chaque année ce sujet,
laissant de marbre des millions de lecteurs/trices, auditeurs/trices et
téléspectateurs/trices.
Quant à l'opération
"Arthur" des années 90, et dont les oeuvres se sont vendues par
palettes dans les supermarchés, elle semble avoir eu aussi peu d'effet
sur l'opinion que le million d'exemplaires vendus de "Summerhill" pour
la transformation de l'école ou la création d'écoles
de ce type en France.
Et il n'y a jamais eu jusqu'ici,
même aux époques et dans les milieux les plus contestataires,
et en dépit de chiffres fantaisistes circulant ça et là,
plus de deux ou trois centaines de familles françaises durablementrésolues
à se passer d'école et à se regrouper, pour éviter
les pièges mortels de l'isolement, de l'improvisation et du découragement.
Les motivations et les pratiques
étant à peu près du même nombre, cela ne facilite
pas les "regroupements" cohérents et donc ... durables.
Car s'il arrive parfois que des parents
hésitent à se séparer de leurs enfants en bas âge
et pensent être en mesure de leur enseigner eux-mêmes les bases
de lecture, écriture et calcul au programme des petites classes,
il est extrêmement rare dans notre pays que l'expérience se
poursuive au-delà du niveau primaire.
D'autant plus que dès la petite
enfance, motivations et pratiques en matière de non-scolarisation
peuvent être parfois ambiguës ou incompatibles; de très
diverses, en tout cas, à radicalement opposées.
Chez les uns, souci de "laisser
vivre" le petit enfant à son rythme, en refusant d'entrer dans la
course à la compétition-sélection censée conduire
à la Réussite; chez d'autres, initiation de l'embryon à
l'anglais et du nourrisson aux algorithmes selon les méthodes américaines,
éventuellement saupoudrées d'orientalisme, en vente dans
les grandes surfaces et salons new-age.
Pour certains, individualisme et
discrétion proche de la paranoïa, chez d'autres militantisme
actif. Rejet d'une école jugée trop médiocre - pas
assez catholique, pas assez "sécurisée", pas assez performante
- pour l'avenir d'une progéniture à laquelle on souhaite
faire brûler les étapes, en la préservant d'une dangereuse
promiscuité. Refus de l'école comme corollaire à d'autres
refus : des vaccinations, du lait en poudre, de la viande, de la télé,
de la laïcité, du brassage social, du nucléaire, de
l'armée, et donc d'un type de société.
|
Des
écoles "indépendantes", disent-ils ...
Carqueiranne
: bataille autour d'un école traditionaliste
/.../ À l'origine
de ce schisme carqueirannais, on trouve l'arrivée attendue pour
la rentrée de 45 enfants dans les locaux de la maison paroissiale.
Ils devraient y suivre les cours Sainte-Anne de Guigné, un enseignement
par correspondance, hors contrat, transmis dans le Var par un répétiteur
et les parents à des élèves de 6 à 11 ans coupés
de toute autre forme de vie scolaire.
/.../ De son côté,
l'inspection académique est "en train d'étudier ce cas particulier;
pour savoir si, d'après les textes, cette école peut ouvrir",
fait savoir le secrétaire général, Dominique Kleczec.
S'il semble que ces cours
par correspondance soient reconnus par le rectorat de Paris, reste
à déterminer si le regroupement d'enfants sous la responsabililé
d'un répétiteur, donc la création
d'une école primaire, peut être agréé.
EPHRAIM
: (Communauté catholique des Béatitudes, Cours
Agnès de Langeac )
La
secte qui prospère avec la bénédiction de l'Eglise
A Autrey, dans les Vosges,
une trentaine d'ados de 13 à 18 ans prient
et se préparent à
devenir la future élite de la communauté.
Depuis 1982, la Communauté
catholique des Béatitudes, répondant à l’appel
de l'évêque de Saint-Dié, occupe l'Abbaye Notre-Dame
d'Autrey. En1988, elle a ouvert l'école du Cours Agnès
de Langeac qui "accueille des jeunes garçons désireux
de discerner une éventuelle vocation sacerdotale ou religieuse".
Répertoriée
comme école "indépendante". Lien vers ce réseau
d'écoles très ... innovantes, sur de nombreux sites,
y compris parmi ceux prônant
"la
liberté d'instruction" ...(disent-ils)
Etonnant, non ?
C.q.f.d. ? |
La "socialisation" étant l'argument
le plus fréquemment utilisé à l'encontre de la non-scolarisation,
resterait à définir cette fonction que l'école, outre
l'instruction, est censée assurer. S'il s'agit de dressage, d'accoutumance
à des attitudes de soumission et de passivité (par exemple,
rester assis des heures en silence, à faire semblant, même
s'il ne se passe rien d'intéressant), il est certain que la plupart
des écoles, publiques comme privées, ont rempli, et continuent
de remplir ce rôle. Et ce pouvait être à une époque
une excellente préparation à certaines carrières -
notamment administratives - conduisant aussi lentement que sûrement
à la promotion et à la retraite.
Mais, restructurations aidant, c'est
de moins en moins ce qu'on attend d'un candidat à un poste dans
la plupart des entreprises, publiques comme privées.
S'il s'agit d'initier dès
son plus jeune âge un enfant à la "struggle for life", il
est vrai aussi, à voir l'ambiance de certaines cours de récréations,
cantines ou sorties d'écoles, que ce peut être efficace pour
susciter très tôt certaines vocations.
S'il s'agissait par contre de permettre
à un enfant de grandir, psychologiquement, affectivement, spirituellement,
socialement, autant que physiquement et intellectuellement, en rencontrant
des gens d'âges, cultures et milieux divers, exerçant des
professions et passions variées, il est évident que l'école
ordinaire, en fait de socialisation, peut très vite se transformer
en véritable ghetto : l'enfant n'y côtoie que des enfants
de son âge, de son niveau, et de sa catégorie sociale, sous
la responsabilité de professionnels pas toujours très au
fait de ce qui se passe en dehors. Et les informations sur la "vraie vie"
risquent de ne lui être apportées que par les écrans
cathodiques pendant ou en lieu et place des repas, jeux, conversations,
et sommeil.
Si le choix de la scolarisation ordinaire
n'est la plupart du temps qu'un non-choix, puisque celle-ci est encore
souvent perçue comme une obligation ou une fatalité, celui
de se passer d'école n'en est pas toujours un non plus, puisqu'il
s'agit d'abord d'un refus. Et pour des motifs extrêmement variés,
voire opposés !
Mais pour qu'il ne reste pas un fantasme,
un caprice, ou une revanche par procuration sur sa propre scolarité,
le refus doit nécessairement faire place à un véritable
projet, construit avec patience, persévérance et cohérence.
Il s'avère en effet que les expériences de non-scolarisation,
et donc aussi, et d'abord, les enfants concernés, ne peuvent s'épanouir
heureusement et durablement que lorsque cela s'intègre naturellement,
comme allant de soi, dans un mode de vie qui soit l'incarnation d'un solide
projet personnel dans un projet de société, c'est-à-dire
imprégnant chacun des mille petits gestes quotidiens dans le domaine
des rapports affectifs, sociaux, du travail, de la santé, des loisirs;
bref de tout ce qui fait, ou défait, la joie de vivre. Celle de
vivre en cohérence avec soi-même, ses intuitions, convictions,
et expériences, et dans le respect des autres, proches ou lointains,
quels que soient son - et leur - âge, diplômes, activités,
situation sociale ou géographique.
C'est sans doute pourquoi vivre une
véritable alternative à l'école n'est pas plus facile
- ni difficile ! - que construire et faire vivre une école sérieusement
alternative.
R. A
Les ouvrages cités en bibliographie,
de Catherine Baker ("Insoumission
à l'école obligatoire") , ou Christiane Rochefort
(«Les
enfants d’abord») , le sont pour … mémoire.
Ils ne semblent plus
tellement correspondre aux références, déclarées
ou pas, dont se réclament actuellement, visiblement et majoritairement,
les familles de
«home schooling»
… à la française (?!)
.
Créée en 1989 (1ère
"A.G." en juillet dans le lyonnais),
l'association "Les
Enfants D'Abord"
rassemble des familles pratiquant
sous de très diverses formes
- et pour des motivations et objectifs
de moins en moins variés -
l'instruction-éducation
"à-la-maison")
|